ILC, ILAT : comment un loyer commercial est indexé

L’équipe Consil AI
Pige immobilière et données foncières
ILC, ILAT : comment un loyer commercial est indexé

Les loyers commerciaux sont indexés sur des indices publiés trimestriellement par l'INSEE. L'indice des loyers commerciaux (ILC) s'applique aux activités commerciales et artisanales ; l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT) s'applique aux activités tertiaires non commerciales, notamment les bureaux, les professions libérales et la logistique. L'indice retenu est celui que désigne la clause d'indexation du bail, et la révision se calcule en rapportant l'indice du trimestre de référence de l'année en cours à celui du même trimestre de l'année précédente.

Deux indices, deux mondes

Avant leur création, les loyers commerciaux étaient indexés sur l'indice du coût de la construction, dont les à-coups n'avaient aucun rapport avec la santé des commerces. Les pouvoirs publics ont donc créé des indices composites, calés sur l'activité réelle des locataires.

IndicePour quiCe qu'il mesure
ILC — loyers commerciauxCommerçants et artisans inscrits au registre du commerce ou au répertoire des métiersUne composition d'indices dont l'évolution des prix à la consommation et du chiffre d'affaires du commerce de détail
ILAT — activités tertiairesBureaux, professions libérales, logistique, entrepôtsUne composition d'indices dont les prix à la consommation, la production intérieure brute et la construction

Le choix n'est pas discrétionnaire : il dépend de l'activité exercée dans les locaux. Un bail de bureaux indexé sur l'ILC, ou un commerce indexé sur l'ILAT, se rencontre pourtant régulièrement — souvent par report d'un modèle de bail utilisé sans relecture.

Comment se calcule une révision

La clause d'indexation, dite clause d'échelle mobile, prévoit une révision automatique à une périodicité donnée — le plus souvent annuelle. La formule est toujours la même : le loyer en cours est multiplié par le rapport entre l'indice du trimestre de référence de l'année en cours et celui du même trimestre de l'année précédente.

Un exemple chiffré

La formule se lit mieux appliquée. Prenons un local commercial loué 24 000 € par an, dont le bail prévoit une indexation annuelle sur l'ILC avec le deuxième trimestre pour référence. Les valeurs ci-dessous sont données pour l'exemple : les vraies se lisent sur les séries de l'INSEE citées en fin d'article.

ÉlémentValeurD'où elle vient
Loyer en cours24 000 € / anLe loyer effectivement payé avant révision
Indice de référence, année précédente135,84ILC du 2ᵉ trimestre de l'année N-1
Indice de référence, année en cours139,26ILC du 2ᵉ trimestre de l'année N
Rapport d'indexation139,26 ÷ 135,84 = 1,0252Le coefficient à appliquer
Loyer révisé24 000 × 1,0252 = 24 604 € / anSoit + 604 € sur l'année

Le rapport se calcule toujours entre deux indices du même trimestre, à un an d'écart. Comparer le deuxième trimestre d'une année au troisième de la précédente donne un résultat qui ressemble à une révision, sans en être une : l'écart englobe alors quinze mois d'évolution au lieu de douze.

Quand l'indexation peut être remise en cause

Une clause d'indexation n'est pas intouchable. Deux situations reviennent régulièrement, et elles jouent dans les deux sens — le bailleur comme le locataire peuvent s'en prévaloir.

La première est prévue par la loi. L'article L145-39 du code de commerce ouvre la révision du loyer à la valeur locative dès lors que le jeu de la clause d'échelle mobile a fait varier le loyer de plus d'un quart par rapport au prix fixé contractuellement ou par décision judiciaire. C'est le garde-fou contre une indexation qui, année après année, éloigne le loyer du marché.

La seconde vient de la jurisprudence. La Cour de cassation juge réputée non écrite la clause qui fausse le jeu normal de l'indexation — notamment celle qui ne joue qu'à la hausse et neutralise les baisses d'indice. La sanction ne vise pas le montant, elle vise la clause elle-même : privée de son support contractuel, l'indexation tombe.

Ce qu'il faut vérifier dans une clause

Avant d'appliquer une révision — ou de contester celle qu'on vous adresse — cinq points se lisent directement dans le bail, et suffisent à écarter l'essentiel des erreurs.

  1. Quel indice. ILC ou ILAT, et surtout : correspond-il à l'activité réellement exercée dans les locaux ?
  2. Quel trimestre de référence. Il est écrit dans la clause. Ce n'est pas le dernier indice publié.
  3. Quelle périodicité. Annuelle le plus souvent, mais l'écart entre deux révisions doit correspondre à l'écart entre les deux indices comparés.
  4. Quelle réciprocité. La clause suit-elle l'indice à la baisse comme à la hausse ?
  5. Quel loyer de base. La révision s'applique au loyer en cours, pas au loyer d'origine du bail.

Ce que l'indexation ne fait pas

L'indexation n'est pas la révision du loyer à sa valeur locative. Ce sont deux mécanismes distincts : la première applique une formule mathématique, la seconde confronte le loyer au marché. Un loyer indexé pendant neuf ans peut se retrouver très au-dessus ou très en dessous de la valeur locative du quartier.

C'est précisément cet écart qui crée les situations intéressantes. Un locataire dont le loyer indexé a dérivé au-dessus du marché cherchera à renégocier — et devient, à ce titre, une conversation possible pour un conseiller au moment de l'échéance triennale.

Sources

À lire aussi

Questions fréquentes : ilc, ilat : comment un loyer est indexé

Vous ne trouvez pas la réponse à votre question ? Contactez-nous en cliquant ici.

Prêt à signer le mandat qui changera votre année ?

Le mur d’annonces de Consil AI : les annonces de tous les grands portails dans une seule liste, doublons repérés, avec leur prix au mètre carré